Retour sur "Marie-Antoinette" : du bon rôle politique du cinéma

Publié le par Lady Ada

Dans les forums, sur internet, il y’a une expression pour désigner ce que je fais en ce moment : un hors-sujet, ou HS.

Néanmoins, et puisque je me suis prononcé dès le départ de ce blog en faveur d’une forme politique aussi autogérée et décentralisée que possible, je m’en vais joyeusement poursuivre ce hors sujet et dérouler le fil du rapport présent-passé selon le filtre mille fois glorieux (quoiqu’un peu lointain pour l’instant) de l’émergence d’un peuple européen.

 

C’est une objection du dénommé Hyarion (que les Moires livrent son âme aux enfers) qui me servira ici de base. Voici ce que l’impudent personnage osa déclarer dans son commentaire concernent la Marie-Antoinette de Sofia Coppola : « Je comprends ton point de vue dans le sens où les films historiques, quels qu'ils soient, offrent la possibilité de nous divertir et de nous faire réfléchir, tout en nous faisant sortir de notre quotidien - y compris médiatique -, et moi-même, je ne vais pas au cinéma pour autre chose... Néanmoins, à la limite, je trouve que l'on ne va pas assez loin... Si le but n'est pas de respecter à la lettre la vérité historique, pourquoi ne pas construire des récits de fiction qui aillent au-delà des références historiques reconnues, et mettre en scène des époques complètement imaginaires, mais avec un fond de références historiques, puisqu'il faut bien partir de ce que l'on connait ? […] c'est compliqué à expliquer comme ça, rapidement... mais songes, par exemple, pour prendre un exemple dans la science-fiction que tu connais bien ;-), que les noms, les décors, et les costumes du film Dune de David Lynch contiennent des références historiques (héritées pour parties des livres originaux de Frank Herbert) sans que le film soit un film historique, puisqu'il s'agit d'une fiction "pure"... Tu vois ce que je veux dire ? »

 

Ayant entamé l’article sur Marie-Antoinette dans un but précis, je m’en vais continuer et approfondir l’exploration de ce but en répondant point par point à la riche problématique que tu as soulevé ici (c’est génial, j’ai l’impression d’être un Otto Lidenbrock de la mémoire et de l’identité de ma chère nation).

 

Tout d’abord, trois petites remarques :

- Je m’excuse d’emblée pour le caractère lourd de réflexions que je développe petit à petit, en autodidacte et sans aucunement pouvoir en appeler à une formation dans tous les domaines que j’aborde !

- je ne voudrais pas vous donner l’impression de disséquer tel un maniaque compulsif (que je le sois ou non n’est pas la question) chacun de vos propos. Simplement, voilà, des fois, vos propos provoquent en moi des réactions en chaine et je préfère autant tout livrer à l’écrit plutôt que de les garder en mon for intérieur –ce que j’ai fait durant trop longtemps d’ailleurs-

- en fait, je ne conçois pas de parler de politique sans mettre en avant les idées en tant qu’elles sont strictement soumises à la réalité. L’idéologie fait pleinement partie du politique et, comme le dit bien Hayek dans Droit, législation et liberté, seuls les déçus du socialisme peuvent croire à la fin des idéologies (ou des « paradigmes »), ce qui leur permet ainsi de nier la singularité de l’échec du socialisme en universalisant paresseusement son effondrement aux autres idéologies. Pour tout dire, je ne serais jamais membre d’un parti politique : leurs querelles feutrées, leur ambiance de consensus mou, leur culte bêlant pour le chef ou, pire encore, la croyance selon laquelle un parti peut se passer d’une direction solide… Sans même parler de cette croyance très française qui consiste à refuser l’idée du rapport de force et du combat au profit d’un idéalisme de bon ton dans les salons du Rotary mais peu à sa place dans les arènes du politique…

 

Comme si les idées s’imposaient d’elles-mêmes ! Aussi, je me vois obligé d’entrer dans la chair des idées de notre époque, et dans la chair de certains mécanismes politiques.

 


Donc, première de tes affirmations :

 

 

« Je comprends ton point de vue dans le sens où les films historiques, quels qu'ils soient, offrent la possibilité de nous divertir et de nous faire réfléchir, tout en nous faisant sortir de notre quotidien - y compris médiatique -, et moi-même, je ne vais pas au cinéma pour autre chose... »

 

Je pense qu’il faut aller bien plus loin. Le cinéma a un rôle absolument majeur à jouer dans l’avenir de nos sociétés européennes, tout comme la littérature et la musique. Je vais m’en expliquer.

 

 

Premier degré : qu’est-ce que le film (et un peu le livre aussi) dans la société ?

 

 

L’art comme mutation des mentalités

 

Le film, comme toute œuvre d’art, est ce qui crée une petite part de réalité parallèle. Mais le parallélisme n’a de sens que s’il permet des « contacts » suffisamment signifiants pour que le spectateur puisse s’y retrouver. En effet, l’acceptation d’une œuvre par un public ne peut fonctionner que si cette œuvre use de référents culturels répandus (la mythologie collective ou ce que Mengue nomme la fabulation d’un peuple). En effet, aucune œuvre d’art totalement « autre » (qui en appellerait à des mythologies et des conceptions du monde radicalement différentes aux nôtres) ne pourrait séduire autrement que par son étrangeté même, sa singularité totale. En un mot : son exotisme. Cette œuvre serait ainsi réduite au rôle de « bel objet » (ou pas…), dont le rôle se limiterait à ses qualités décoratives ou à l’appel d’une vague nostalgie des amateurs d’art goûtant la poétique de l’inconnu. Or, l’artiste en tant qu’il veut séduire (ou choquer), se voit condamné à faire appel à cette force de fabulation des peuples, et donc à ce qui constitue le fondement de « notre » réalité.

 Le Yin et le Yang, symbole d'une philosophie taoiste qui nous échappe largement, et qui n'est largement réutilisée qu'au nom de significations parfaitement étrangères au taoisme (l'opposition bien/mal par exemple)

 

 

Pour autant, le but de l’œuvre d’art ne peut s’arrêter à cet appel à la fabulation collective : l’artiste soumettrait son art à la seule fin politique de la préservation d’un « être commun » idéalisé. Le résultat ne serait donc qu’une copie de copies se plaçant au sein d’un référentiel académique suranné. Seules les sociétés fossilisées (Grèce hellénistique) ou paralysées par la dictature (France napoléonienne) peuvent en arriver à un rapport à l’art aussi stérile, puisqu’il vise seulement à la reproduction d’un « même » idéalisé à tout jamais (cas de la poésie ou du théâtre français avant les romantiques), ce « même » artistique en appelant à un « même » de l’identité d’un peuple intemporel à préserver dans son éternité monolithique.

 

Aussi, le véritable artiste, qui travaille dans la seule optique de son art, cherchera à entrer dans les fables d’un peuple pour l’accrocher (le séduire ou le choquer, cela importe peu). Mais il serait vain de croire qu’un artiste qui fait appel à cette fabulation le fait innocemment, et sans conséquence.

Des thèses récentes en biologie attribuent une part non négligeable des mutations génétiques qui ont contribué à la diversification des espèces à l’action des virus. Ceux-ci pénètrent dans les cellules et se reproduisent en fusionnant un brin d’ARN (une moitié d’ADN) avec un brin d’ARN cellulaire, créant ainsi un virus parfaitement identique avec, comme prix à payer, la mort de la cellule infectée. C’est pourquoi nous sommes affaiblis lorsqu’un virus réussit à infiltrer massivement notre organisme. Or, des découvertes récentes semblent indiquer que les virus occasionneraient de temps en temps des mutations génétiques au sein de la cellule infectée, mutations qui pourraient se transmettre au reste de l’organisme puis à sa descendance…

 

Le rôle de l’artiste dans la société pourrait être comparé à celui du virus dans l’organisme : en voulant séduire son public, il touche à ses fables et à ce qu’il a de plus cher. Il peut le faire avec ou sans la volonté consciente de transformer cette fabulation mais, quelles que soient ses volontés, il les transforme.

 

Aussi, avant de vous insurger contre cette hideuse comparaison, pensez que le virus, même malgré lui, pourrait être à l’origine de l’incroyable diversité du vivant. Le rôle de l’artiste est ainsi celui d’un agent de diversification qui provoque l’éclosion de nouvelles voies pour nos sociétés par la mutation de telle ou telle donnée de leur fabulation. C’est ainsi le rôle le plus éminemment positif qui puisse exister au sein d’une société. Pour prendre exemple sur la littérature, la qualité du roman au XIXeme siècle réside dans ce qu’il y’a d’universel dans les personnages que créé le romancier : non pas d’universel en tant qu’ils représentent un type d’humain intemporel et éternel mais, au contraire, universel par la manière dont ces personnages s’inscrivent dans leur temps avec toutes leurs contradictions, leur (absence de) goût. La manière dont ces personnages sont les grands types historiques du siècle. C’est pourquoi Mme Bovary, Fabrice Del Dongo ou le père Grandet sont des universels du XIXeme siècle : en créant ces personnages, Balzac, Flaubert et les autres entrent dans les mentalités et les représentations du brave bourgeois français du XIXeme siècle, décodent et participent à l’évolution de ces mentalités, permettant ainsi d’enrichir et de complexifier la force de fabulation de notre nation. Eux et leurs confrères russes sont les virus du XIXeme siècle.

 

Le rapport de l’artiste à l’identité collective d’un peuple est particulièrement exploré par un écrivain comme Don Delillo aujourd’hui, comme il le fut par Andy Warhol dans les années 1960.

Delillo écrit sur tous les grands mythes qui façonnent l’identité américaine (la terreur, la mort de Kennedy, la paranoïa envers le pouvoir) dans un contexte de chute de l’économie postindustrielle vers l’irréel et de remise en cause perpétuelle de cette identité.

Warhol, lui, s’interrogeait sur l’immersion dans l’imaginaire collectif (donc dans ce qui fait le collectif) de publicités qui devenaient ainsi les nouveaux référents, le nouveau « même » à imiter de manière inconsciente, qui venaient ainsi jouer le rôle que l’art antique occupait depuis la Renaissance.

Les deux participent donc à l’évolution de la fabulation américaine en même temps qu’ils la dissèquent : ils sont les virus de notre époque.

 Le Ché pénétrant les esprits comme objet commercial en série. Warhol montre ainsi que le vrai corrosif des années 60 n'est plus le communisme mais la pénétration des esprits par l'empire du commercial.

 

 

L’art comme érosion de l’Un et acceptation du multiple

Une conséquence de ce que je viens de décrire est qu’on peut ainsi repérer les rôles de l’artiste (qui crée le multiple) et du politique (qui crée l’Un). Et les deux se servent de la force de fabulation dans des optiques si différentes qu’elles peuvent être opposées :

 

Aussi, Fredrich Nietzsche a-t-il partiellement raison lorsqu’il déclare que « la Culture et l’Etat sont antagonistes : « Etat civilisé », ce n’est là qu’une idée moderne. L’un vit de l’autre, l’un prospère au détriment de l’autre. Toutes les grandes époques de culture sont des époques de décadence politique. »[1] Pour autant, ici le philosophe n’entend la politique que sous son acception de puissance brute (voire brutale) telle que propagée par le Reich.

 

 

Il y’a du vrai dans ce qu’il dit, en ce sens que l’art débute là où s’arrête la politique. La frontière entre les deux doit être nettement tranchée, où la société court le risque de voir le politique se fragmenter sous l’érosion de l’art (victoire du multiple sur l’un) ou, au contraire, l’art se diluer dans le tout-politique (dilution du multiple dans l’Un totalitaire). Bien entendu, il n’existe pas de modèle parfait et toute société pousse le curseur dans un sens ou dans l’autre suivant sa propre histoire, ses mentalités…

Pour prendre exemple sur l’Antiquité, les Grecs poussèrent totalement le curseur du côté de l’art, les Romains totalement du côté du politique.

 

Pourtant, une autre conséquence du statut de l’art viendrait à la fois servir le raisonnement de Nietzsche et le remettre en cause, à mon humble avis : l’art est à la fois force de corrosion et possibilité de dépassement de cette corrosion. En tant que dépassement, il peut offrir au politique de nouvelles possibilités d’actions sur les mentalités puisque il trace des voies nouvelles de fabulation pour un peuple.

 

 

 

Je m’explique :

L’artiste vient inoculer à doses violentes quoique non létales les virus de notre siècle[2]. Il le fait évidemment sans le moindre sens de la mesure (serait-il un artiste sinon ?) mais ne peut, à lui seul, influer assez sur la société tel que le ferait un chef religieux. C’est d’ailleurs le propre de l’artiste que d’être assez fou pour à la fois croire à la force de son art et inspirer au commun de la population la saine méfiance qui, seule, le maintiendra strictement dans son rôle d’artiste. C’est pourquoi une personne pourra se soumettre volontiers à la force corrosive contenue par l’œuvre pendant son écoute ou sa lecture mais s’en dégagera vite une fois cette écoute finie. Sachant qu’il lui restera ce petit morceau de corrosion, telle une bombe désamorcée quelque part dans le cerveau.

 

Sachant aussi que la bombe dépend de l’époque : la fin d’un monde dominé par « la race blanche », la peur du communisme et la crise économique furent les bombes des années 30 tant en Europe qu’aux Etats-Unis. L’explosion des mœurs et de la famille, le sexe, la drogue, la chute de la religion, les droits civiques des noirs aux Etats-Unis furent les bombes des années 60-70. La dissolution de la nation et de l’individu dans la mondialisation et l’islamisme sont les bombes actuelles en Europe et, quoique moins, aux Etats-Unis.

 

A chacune de ses époques a correspondu une forme d’art qui a su se construire sur ces périls, les exploiter pour les désamorcer. Pour cela, les artistes ont su explorer les limites de la réalité en extrapolant les tendances délétères de leur époque : ce furent des auteurs comme Lovecraft ou Howard aux Etats-Unis dans l’Entre-Deux-Guerres, qui surent transfigurer leur racisme (latent pour Howard, pathologique pour Lovecraft) et leur peur ou leur mépris d’un monde moderne décadent en des œuvres littéraires d’une portée extraordinaire. En faisant cela, ces écrivains substituent notre représentation du réel à la réalité « objective ». Ils subjectivent ainsi ce qui n’est que hasard et aléa (le déclin de l’occident, la faillite de l’idée de la race blanche : aujourd’hui on pourrait dire les délocalisations, les attentats) afin de nous faire toucher du doigt ce qui nous paraissait être issu d’une fatalité, hors d’atteinte. Or, en faisant cela, l’artiste désamorce certaines voies désormais minées par l’évolution des choses en même temps qu’il trace des voies de fabulation nouvelle. Et plus il cherchera à toucher ce peuple, et plus il jouera des cordes de cette fabulation afin d’imprimer la musique qu’il entend nous faire écouter. Il n’est pas étonnant que l’Europe, qui n’a pas su développer de réponse artistique viable face à ses démons soit sombrée dans la politisation totalitaire de ces enjeux dans les années 30.

 

Cthulhu, le Grand Ancien créé par Howard Philips Lovecraft pour montrer à l'homme blanc à quel point sa petitesse rend ridicules ses prétentions. Adoré par des hommes dégénérés, Cthulhu reprendra sa place en instaurant un règne de terreur.

 

 

Ce fut par la musique et le cinéma que les grandes tendances délétères des années 60 furent elles-aussi désamorcées (on y reviendra).

 

Il va sans dire que la suite logique de cette hypothèse est la suivante : la société la plus prompte à faire de l’art est aussi celle qui oscille le plus près de sa propre dissolution. Et les grandes époques d’art étant les époques où de nombreuses « bombes » doivent être désamorcées sont aussi les époques de grande instabilité politique.

 

Et c’est là que le politique peut entrer en action : ces bombes désamorcées pourront être utilisées par le politique pour élargir la sphère d’unité de la nation, en lui donnant les bases nouvelles de formes d’expression, de religiosité, de rapport à l’autre au départ liés à un mouvement excentrique et corrosif mais qui, ayant été peu à peu désamorcés, sont maintenant déliés de leur aspect corrosif et peuvent être réutilisés par qui veut faire l’Un. S’il y’a réellement incompatibilité entre une cosmologie (le politique) qui repose sur la pérennité de l’ordre et une autre (l’artistique) qui profite de son érosion, on a pu néanmoins voir que les deux peuvent jouer l’un après l’autre leur rôle au sein de la société.

 

Maintenant que le rôle de l’art en général a été éclairci, intéressons-nous aux formes d’art en particulier, afin d’en venir au rôle du cinéma en particulier

 

 (la suite en dessous : l'occasion de dire un grand merci à over-blog)



[1] Fredrich Nietzsche, Le crépuscule des idoles, GF Flammarion, 1985, p. 122. Et pour faire plaisir à un anti-bismarckien notoire, je cite la suite (on est en 1889) : « Au moment où l’Allemagne s’élève comme grande puissance, la France gagne une importance nouvelle comme puissance de culture. Aujourd’hui déjà, beaucoup de sérieux nouveau, beaucoup de nouvelle passion de l’esprit a émigré à Paris ; la question du pessimisme par exemple, par exemple, la question Wagner, presque toutes les questions psychologiques et artistiques sont examinées là-bas avec infiniment plus de finesse et de profondeur qu’en Allemagne, - les Allemands sont même incapables de cette espèce de sérieux. »

[2] J’emprunte la belle expression à Don Delillo, dans son Mao II.

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Lady Ada 21/09/2008 09:35

Hum... en même temps, Napoléon III avait déjà eu plusieurs occasions de s'occuper de Bismarck en 1864 ou 66... mais il est vrai qu'il avait les yeux tournés vers le Mexique à cette époque ;-)Il n'empêche, quelque soit le crétinisme de cet empereur en matière de politique étrangère, la France du Second Empire fut celle de Flaubert, de Baudelaire et de Barbey d'Aurevilly. Et ça, il faut l'avouer : c'est la classe.Lady Ada

Hyarion 21/09/2008 01:11

Lady Ada >>> "Et
pour faire plaisir à un anti-bismarckien notoire, je cite la suite (on
est en 1889) : « Au moment où l’Allemagne s’élève comme grande
puissance, la France gagne une importance nouvelle comme puissance de culture.
Aujourd’hui déjà, beaucoup de sérieux nouveau, beaucoup de nouvelle
passion de l’esprit a émigré à Paris ; la question du pessimisme par
exemple, par exemple, la question Wagner, presque toutes les questions
psychologiques et artistiques sont examinées là-bas avec infiniment
plus de finesse et de profondeur qu’en Allemagne, - les Allemands sont
même incapables de cette espèce de sérieux. »"Merci de cette délicate attention... ;-)Amicalement, :-)Hyarion, l'anarcho-monarchiste... qui aurait bien aimé que la dépêche d'Ems finisse coincée dans la gorge d'un certain chancelier AVANT même qu'elle ait pu être rendu publique... ;op